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Retour sur le 28ème Festival chrétien du cinéma

« À table. Quel lieu si fondamental pour la vie ! », confie une spectatrice dans le livre d’or du 28ème Festival chrétien du cinéma. Un festival porté par les associations « Chrétiens et Cultures » et « Pro-Fil », qui, entre le 23 janvier et le 1er février 2026, à Montpellier et à Béziers, avait décidé à passer « À table ». On a envie de vous donner le menu. 

Tout a commencé par un apéritif à triple détente, servi par trois conférenciers délectables. Florent Quellier a rassuré : la gourmandise n’est pas vraiment un péché capital. Puis Jean-François Lavigne a convaincu que le vrai bonheur d’un repas résidait plus dans la convivialité que dans la gastronomie. Enfin, le pasteur Jean-Luc Gadreau a présenté son dernier ouvrage. À table avec la Bible est un livre qui se mange. On a pu immédiatement se procurer ce recueil de recettes, qui fait découvrir le texte biblique à travers les émotions qu’il suscite, sur le stand de la librairie chrétienne CLC installée quelques jours au Centre Rabelais.

Il était presque temps de passer aux hors-d’œuvre : six courts-métrages suaves ou craquants produits en Occitanie, qu’un public juvénile et gourmand a dégustés. En toute logique, celui-ci a accordé son prix à Elon Cattan pour Have you seen this pig ? où il est question de la disparition d’un cochon, tandis que le prix du jury est revenu à Quand tu joues d’Emma Semeria.

Mais y aura-t-il toujours abondance sur la table ? Le changement climatique impacte-t-il la sécurité alimentaire ? Sans nul doute, ont répondu Nathalie Pavillon (Délégation diocésaine à l’écologie intégrale) et Anne-Marie Cazenave (CCFD-Terre solidaire) lors d’une rencontre-débat à deux voix le 25 janvier.

Après ces mises en bouche, les festivaliers ont attaqué le plat de résistance que constituaient les 21 longs métrages : chefs d’œuvre du patrimoine (La Corde, d’Alfred Hitchcock), petits bijoux (Lamb, de l’Éthiopien Yared Zeleke), comédies allègres et saugrenues (Le Discours, de Laurent Tirard) ou documentaire culinaire Entre les Bras, père et fils, en présence du réalisateur Paul Lacoste.

Les films français -dix sur vingt- se sont taillé la part du lion. Rien d’étonnant : les références au repas gastronomique comme pratique sociale fréquente et incarnation de l’art de vivre sont multiples dans le cinéma hexagonal. Le Japon et ses traditions culinaires raffinées se sont aussi trouvées à l’honneur. Après Le Goût du Saké, les spectateurs ont eu droit à une dégustation-surprise de saké. Ils ont échangé autour du film Les délices de Tokyo avec une brillante étudiante de l’Association des Japonais à Montpellier.

Mais l’appétit des spectateurs n’était pas encore coupé. Est arrivé le dessert, qu’ils ont savouré dans Cuisine et dépendances de Philippe Muyl, lors de la séance de clôture qui a attiré de nombreux festivaliers.

Ce 28ème festival, porté par un thème riche en potentialités, a été un succès. Le Maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a honoré de sa présence la séance d’ouverture, avec Agnès Robin, adjointe déléguée à la Culture. Alors que les entrées dans les salles de cinéma françaises ont diminué de 13, 6% en 2025, la légère progression du nombre d’entrées est à mettre à l’actif du Festival chrétien du cinéma, de même que les débats post-projection ouverts et créateurs de lien, souvent animés par des membres de jurys œcuméniques de festivals internationaux de cinéma. Le public s’est montré à la fois confiant et curieux : « Cette année encore, pour la 4ème fois, je suis une fidèle de ce festival et ravie de constater la constance dans l’excellente qualité de la programmation, sa richesse et sa diversité. Je découvre des films que je n’aurais pas été voir par moi-même. » écrit une spectatrice.

Enfin, si le Festival chrétien du cinéma est un ticket pour le paradis, il a eu une presse d’enfer, avec une avalanche d’articles dans les éditions papier et web de la presse locale et de nombreuses interviews radio.

En s’emparant du thème « À table », le festival a invité à réfléchir sur le sens du repas, comme rituel enraciné dans une culture et comme forme la plus universelle de la rencontre humaine, où le spirituel peut rejoindre le quotidien. Cette édition conviviale, inventive et gourmette confirme que le cinéma a du goût.

On vous donne rendez-vous en janvier 2027 pour la 29èmeédition du Festival chrétien du cinéma.

Anne-Cécile Antoni

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