SPIRITUALITÉ ET CINÉMA, LES SAMEDIS CINÉ-SPI
Le cinéma est une fenêtre ouverte sur le monde et un miroir du cœur humain. Il nous ouvre à d’autres mondes et à notre propre intériorité. C’est sur cette capacité que s’appuie l’idée de journées spiritualité-cinéma. Nous laisser toucher, déranger peut-être, par des images, un récit, des dialogues, une bande-son pour mieux nous comprendre nous-mêmes, élargir notre vision du monde et relire notre vie pour y trouver la trace du Seigneur. C’est en s’appuyant sur la spiritualité ignatienne (relire le film, méditer, prier, contempler) que Chrétiens et Cultures met en place, avec les jésuites de Montpellier, certains samedis des « journées spiritualité-cinéma ».
Les rencontres se déroulent, de 9h à 17h, à l’église Saint Vincent, 71 Av. des Centurions, Castelnau Le Lez. Prochaine date : samedi 30 novembre 2024.
L’accès à l’église Saint Vincent est très facile. Le tramway ligne 2 (direction Jacou), station les centurions, est à 5 minutes à pied (grand maximum) de l’église.
Accueil à partir de 8h45, lancement de la journée, suivi d’un temps de prière à 9h15, puis projection d’un film magnifique, réactions et discussion sur le film. En après-midi : échanges en groupes et méditation d’un texte biblique, temps de prière.
Penser à apporter votre pique-nique.
Philippe Cabrol
BULLETIN d’INSCRIPTION A envoyer à : chretiensetcultures@gmail.com :
Avec les informations suivantes : Nom et prénom : Mail : Téléphone : Participera à la retraite-cinéma du …
RETOUR SUR UNE JOURNEE AU CINE-SPI
Le film projeté était Adam
En matinée a été projeté le film Adam de Maryam Touzani. Dans la Médina de Casablanca, Abla, veuve et mère d’une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte, frappe à sa porte, Abla est loin d’imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l’essentiel. C’est une lente et difficile éclosion des émotions que filme, avec une profonde humanité, Maryam Touzani. L’arrivée de Samia se heurte à une fin de non-recevoir, rude et blessante de la part d’Abla. Mais un glissement progressif s’opère entre les deux femmes et reviennent alors les éclats de rire, les bruits de la rue, la présence d’un homme, le khôl aux yeux d’Abla, les fleurs à son foulard. L’une renaît aux sensations tandis que l’autre donne naissance, dans les larmes à un bébé.
Un débat intéressant et passionnant s’est engagé après le film.
L’après-midi a été consacrée à une méditation autour d’un texte biblique: la Visitation, dans l’évangile de Luc, au chapitre 1, 39-56 ainsi qu’un temps de partage en petits groupes.
Les participants se sont laissé interpeller par ce texte d’ Evangile et ont réfléchi. Ils ont analysé les parallèles ainsi que les divergences entre le film Adam le texte d’évangile. Ce « va et vient » entre fiction et récit biblique avait pour objectif d’éclairer peu à peu la réalité de notre vie pour mieux y chercher et trouver Dieu.
Les participants ont exprimé leur grande satisfaction pour cette journée enrichissante tant au point de vue cinématographique et culturel que spirituel. L’un d’eux a expliqué que la qualité du film et des échanges a été une forme de prière qui nourrira sa méditation.
Ce film de Maryam Touzani avait été présenté au Festival de Cannes en 2019 à Un certain regard. Il a été le lauréat du nouveau prix cinématographique : “Croire au cinéma”, lancé en 2021 par Signis-Cinéma. Ce nouveau prix a comme objectifs de soutenir la création cinématographique comme lieu d’ouverture au monde et aux autres, et d’ouvrir à la réflexion et au dialogue sur les préoccupations actuelles de nos contemporains. Le jury a décerné le prix au film Adam pour les raisons suivantes : « Cette rencontre entre une femme qui porte le deuil et une autre qui porte la vie est dépeinte toute en nuances et en délicatesse, par un magnifique travail sur la lumière. Le film célèbre la grâce du quotidien à travers les gestes intemporels de la préparation des gâteaux. Et c’est en accueillant l’autre et en acceptant l’inconnu qu’elles s’ouvrent à leur humanité commune ».
Anne-Cécile Antoni et Philippe Cabrol
