L’École des Beaux-Arts de Montpellier : deux expositions pour une histoire singulière
Connaissez-vous l’histoire de l’École des Beaux-Arts de Montpellier ? Si vous avez envie de la découvrir, courez voir la double exposition qui vient de s’ouvrir au MO.CO. et au Musée Fabre. Elle réunit les œuvres d’une centaine d’artistes qui sont passés par l’école.
L’exposition du MO.CO. éclaire les étapes de l’évolution de l’école, depuis sa naissance à la fin du XVIIIe siècle. L’institution, après avoir été hébergée dans les locaux du Musée Fabre, quitte ses murs en 1955. En 1977, elle acquiert le statut d’École Supérieure et devient un laboratoire d’avant-garde, avant de s’installer définitivement dans le quartier des Beaux-Arts en 1984, puis d’atteindre la maturité institutionnelle. Elle forme des générations d’artistes tels que Germaine Richier, Pierre Soulages, Vincent Bioulès ou Robert Combas. On admirera au MO.CO. « Le mariage du ciel et de la terre », tableau avec lequel Vincent Bioulès a obtenu en 1961 le Second Prix de Rome. On y aimera les tissus suspendus de Claude Viallat, sur lesquels l’artiste laisse la couleur s’étaler et traverser la toile, ou encore les tressages et les pliages de François Rouan, qui réinvente la surface picturale. Mais l’école n’a pas seulement formé des peintres, comme le montre l’itinéraire de Jean-Baptiste Durand, qui a reçu le César du meilleur Premier film en 2024 pour « Chien de la Casse ». Ce cinéaste, diplômé de l’école en 2010, témoigne : « L’école m’a ouvert à la réalisation, servi de révélateur. […] Le peintre ou le réalisateur ont une vraie responsabilité et doivent compter avec l’accident, l’impondérable, faire confiance à leurs gestes : ceux qui lui permettent de réinterpréter le monde. […] Peinture et cinéma ont un rapport presque identique, charnel, à la couleur et à la texture. »
Depuis les dessins ou les toiles classiques qui figurent des paysages jusqu’aux œuvres d’artistes contemporains, les salles du MO.CO. proposent un parcours chronologique. L’exposition réunit ainsi héritage académique et expérimentation radicale.
Au Musée Fabre, la présentation du MO.CO. est complétée par trois thématiques : la permanence de l’apprentissage par le dessin d’après le modèle et sur le motif, les ambitions de la commande publique montpelliéraine et les logiques d’atelier. Les collections permanentes du musée ont également ouvert leurs portes à une trentaine d’artistes contemporains, diplômés ou enseignants de l’école. Cette cohabitation suscite des résonances sensibles ou des confrontations transgressives.
Grâce aux liens tissés en deux siècles et demi entre un musée, une école et des artistes, Montpellier a pu engendrer un centre d’art majeur, une école d’art avant-gardiste et des générations d’artistes au rayonnement international. C’est désormais aux jeunes diplômés qu’il revient d’écrire les nouvelles pages de l’histoire singulière de l’École des Beaux-Arts de Montpellier.
Anne-Cécile Antoni
https://www.moco.art/fr/exposition/lecole-des-beaux-arts-de-montpellier-une-histoire-singuliere
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